CRSD de la vallée de l’Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence)

07/05/2009

 

La vallée de l’Ubaye est directement touchée par la mise en œuvre d’un plan national de restructuration de ses sites de défense, annoncé par le président de la République en juillet 2008, qui prévoit la fermeture de l’antenne du centre national d’aguerrissement en montagne (CNAM).

Cette fermeture engendre la disparition de 121 emplois, dont 85 militaires et 36 civils, et prive la vallée de la présence des 3 300 stagiaires qui fréquentaient le centre d’aguerrissement chaque année.

Pour pallier ce départ de l’activité militaire et impulser de nouvelles activités économiques, un contrat de redynamisation de site de défense de la vallée de l’Ubaye a été signé, en présence de Hubert Falco, secrétaire d’Etat chargé de l’aménagement du territoire, le 7 mai 2009 par le préfet des Alpes-de-Haute-Provence, le président de le communauté de communes de la vallée de l’Ubayeles maires, de Barcelonnette et de Jausiers, le président du conseil général des Alpes de Haute-Provence et le président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour trois ans.

Ce contrat a été élaboré dans une réelle collaboration avec et entre les élus, depuis la visite d’ Hubert Falco le 26 aout 2008. Des groupes de travail, pilotés par le sous-préfet ou par les élus de la vallée, ont travaillé sur les thématiques suivantes : transport et désenclavement de la vallée ; avenir de la cité scolaire et perspectives dans le domaine de la recherche ; filière bois ; diversification des activités touristiques.

Il s’appuie, par ailleurs, sur les conclusions de deux études. La première, confiée au bureau d’études Sodie-Sofirem, fixe le diagnostic territorial et étudie la faisabilité des projets présentés. La seconde, réalisée par la direction régionale de l’INSEE, porte sur l’impact du départ du CNAM sur l’emploi dans la vallée de l’Ubaye.

Les axes stratégiques prioritaires retenus ont pour but de créer les conditions favorables pour la création d’emplois et la redynamisation économique de la vallée, selon quatre grandes orientations.

 

  • Le développement économique de la vallée

Le contrat met l’accent sur l’installation de petites et moyennes entreprises créatrices d’emplois permanents. Une pépinière d’entreprises sera notamment installée sur l’emprise du quartier Craplet à Barcelonnette. Plusieurs projets d’installation d’entreprises sont suivis par les élus. Le développement des projets liés à la maîtrise des énergies renouvelables, au soutien et à la promotion des activités et produits agricoles de la vallée (création d’un label « Produit de l’Ubaye ») sont envisagés.

La relance de la filière bois constitue un des axes forts du contrat de redynamisation tant dans le domaine du bois énergie que du bois d’œuvre. L’installation d’une scierie, le développement d’un « réseau de chaleur » pour les bâtiments publics et la mise en place d’une plate-forme d’écorçage et de séchage de plaquettes bois figurent dans le contrat.

La création d’une maison franco-italienne, qui associe le Parc national du Mercantour avec un espace d’animation, de rencontres et de commercialisation de produits franco-italiens est de nature à développer les relations transfrontalières au profit de l’économie de la vallée.

 

  • Le développement des activités touristiques

Le tourisme est la colonne vertébrale économique de la vallée de l’Ubaye. Il irrigue les secteurs du commerce, de l’hôtellerie-restauration, de l’artisanat, des produits du terroir… Il constitue un pôle d’emplois permanents et saisonniers indispensable. Dans les années à venir son développement nécessitede consolider et de moderniser les structures existantes ainsi que la mise en œuvre de partenariats transfrontaliers avec l’Italie.

L’impact économique du tourisme hivernal a été évalué à 40% de l’activité économique du territoire. En saison hivernale, ce sont 250 emplois directs qui sont générés par ces activités. Afin de consolider ce secteur, un vaste effort de rénovation des trois stations de la vallée est programmé.

Le tourisme culturel représente 40% de la clientèle touristique. Aussi, la diversification du secteur touristique autour de l’histoire de la vallée sera-t-elle engagée par l’extension des espaces culturels et muséographiques.

La pratique de l’ensemble des activités de pleine nature (rafting, parapente, randonnées, cyclotourisme, escalade….) génère une forte attractivité estivale qu’il conviendrait de développer autour d’un schéma territorial.

 

  • La diversification des offres de formation et la promotion de l’accueil d’activités de recherche
 Le maintien et le développement de la formation scolaire et professionnelle, associés à la présence d’universitaires chercheurs doit constituer un atout pour la vallée.

Le renforcement de la cité scolaire André-Honnorat, la diversification des offres de formation, la constitution d’un internat d’excellence et la pérennisation des options sportives et linguistiques, est nécessaire pour répondre aux besoins exprimés par les porteurs de projets.

Le projet de création du centre d’accueil universitaire Séolane, prévoit l’accueil d’étudiants et de chercheurs dans les domaines des risques naturels et de la biodiversité , de l’organisation d’évènements ainsi que la création d’ un pôle de réflexion sur l’enseignement scientifique de la maternelle au lycée.

La vallée de l’Ubaye sera, par ailleurs, un des sites pilotes du projet initié autour du pôle grenoblois sur les risques naturels (PGRN).

 

  • Faciliter l’accès à la vallée, porte ouverte vers l’Italie

Des propositions ont été formulées pour améliorer les dessertes selon trois axes : amélioration des accès aux transports scolaires en lien avec les besoins de l’internat de la cité scolaire ; amélioration de la desserte des agglomérations pour les résidents permanents ; accueil et transport des touristes dans les gares et aéroports.

En matière d’accès routiers, deux sites doivent être pris en compte dans le cadre d’une amélioration ou d’une sécurisation des transports dans la vallée : le site de la Fresquière et le passage de la Rochaille.

 

 

L’État apporte au total 3,5 millions d’euros pour soutenir les projets initiés dans la vallée de l’Ubaye :

 

  • deux millions d’euros dans le cadre de l’enveloppe spécifiquement consacrée au contrat de redynamisation des sites de défense ;
  • un million d’euros pour contribuer aux projets concernant le désenclavement de la vallée ;
  • 0,5 millions d’euros, dans le cadre des crédits du contrat de massif des Alpes (CIMA / POIA) pour contribuer au financement du dossier d’ascenseur urbain de Pra-Loup Molanès.

 

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