Retours d’expériences sur les ateliers territoriaux du Grenelle Environnement




La DATAR a accueilli, le 7 janvier 2010, une centaine d’élus, techniciens, enseignants, étudiants investis dans les ateliers territoriaux du Grenelle Environnement, pour un séminaire de bilan de l’expérimentation.

Ces ateliers, lancés en avril 2009 par Hubert Falco, alors secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire, avaient pour ambition d’accueillir, sur dix territoires, des groupes pluridisciplinaires d’étudiants en fin de cursus en écoles d’urbanisme, d’architecture, de paysage et d’ingénieur, afin de travailler sur la mise en œuvre territoriale concrète du Grenelle Environnement. 

L’expérimentation, animée et financée par la DATAR, était doublement ambitieuse.

Ambitieuse d’abord dans ses objectifs, puisqu’il s’agissait d’inciter des territoires à réfléchir à la traduction territoriale des orientations et des dispositions des lois Grenelle, avant même la fin du processus législatif. Les thématiques ouvertes à l’expérimentation ont été choisies au regard des principaux enjeux du développement durable : la maîtrise de l’étalement urbain, la mise en place d’une trame verte et bleue, le développement des énergies renouvelables, la rénovation urbaine et l’éco-réhabilitation, les paysages. Autant de sujets qui nécessitent une forte appropriation des objectifs nationaux par les acteurs territoriaux et par l’ensemble de la population, car ils impliquent un changement radical des comportements individuels et collectifs et des mentalités.

L’expérimentation était également ambitieuse dans la méthode proposée. En effet, elle visait à faire travailler sur des territoires dotés d’une bonne capacité d’ingénierie interne (parcs naturels régionaux et syndicats mixtes de SCOT), des étudiants de différentes disciplines, encadrés par leurs enseignants. Les regards croisés d’élèves architectes, urbanistes, paysagistes, ingénieurs, semblaient la garantie d’une approche transversale, indissociable du concept même de développement durable. Pour autant, cette pluridisciplinarité était complexe à mettre en musique, du fait des spécificités des cursus et des calendriers propres à chaque formation.

Cette rencontre avait pour objectif de tirer les enseignements de ces ateliers, à la fois sur la méthode et sur le fond, à partir des témoignages des équipes pluridisciplinaires qui ont travaillé sur le terrain.

Le délégué interministériel à l’aménagement du territoire, Pierre Dartout, a exprimé tout l’intérêt que la DATAR trouve à cette expérimentation et aux questions qu’elle soulève, centrales pour l’aménagement et le développement des territoires :

  • comment veiller à ce que le développement des territoires ne se fasse pas au détriment des paysages, de la biodiversité et des fonctions écologiques ?
  • comment promouvoir des pratiques urbanistiques plus économes en foncier et générant moins d’émissions de gaz à effet de serre ?
  • comment sensibiliser les élus et les habitants des territoires à la nécessité de modifier des pratiques incompatibles avec ces enjeux ?
  • comment, face à ces objectifs, mobiliser les capacités d’ingénierie disponibles et comment organiser le dialogue local ?

Un ouvrage consacré à cette expérimentation et ses acquis, en cours de réalisation par ETD, paraîtra prochainement.

Alors que s’achève la consultation lancée par Michel Mercier, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, dans le cadre des Assises des territoires ruraux, les résultats de ces ateliers viennent contribuer à la réflexion et aux orientations qui s’en dégageront. Ils ont aussi vocation à alimenter les travaux lancés dans le cadre du réseau rural national, au sein du groupe de travail consacré à la gestion de l’espace. Enfin, ils peuvent susciter d’autres expériences de même nature, initiées tant par les écoles que par les territoires.

      

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