La France en matière de santé présente deux faiblesses territoriales majeures :
- La distribution territoriale de l’offre de soins est inégale et n’est pas cohérente avec les zones de besoins. Près de 2,6 millions de Français rencontrent des difficultés pour accéder aux soins, que ce soit pour trouver un médecin généraliste, un spécialiste ou un professionnel de santé.
- L’espérance de vie des Français est inégale en fonction des régions et présente des inégalités infrarégionales. Elle est plus courte de la Bretagne à l’Alsace, en passant par la Normandie, le Nord et les Ardennes, et des Ardennes au Massif central. Parmi les facteurs expliquant cette inégalité figurent : le niveau d’éducation et les catégories sociaux-professionnelles, le système de valeurs des individus et des familles, et aussi l’offre de soins.
Ce dernier critère doit cependant être nuancé. Si la carte de France de l’espérance de vie est très corrélée avec le niveau d’éducation des individus ou leur culture, elle l’est de façon moindre avec celle de l’offre de soins. Celle-ci est particulièrement développée dans les régions attractives (Sud de la France et Ile-de-France) et on constate de nombreuses distorsions qui interrogent. L’offre de soins est inférieure à la moyenne dans certaines régions ou zones de forte surmortalité, dans le Nord, la Picardie, les zones urbaines et rurales en difficulté. En revanche, l'Alsace, qui a un niveau d’offre de soins supérieur à la moyenne nationale, a une espérance de vie moins élevée que la moyenne nationale. A contrario, Poitou-Charentes bénéficie d’une espérance de vie élevée, alors qu’elle a un équipement hospitalier moins important que la moyenne nationale.
Pour palier ces inégalités territoriales, la politique d’aménagement du territoire a poursuivi ces dernières années trois axes :
- soutenir des projets de développement local s’appuyant sur un volet santé(soins, prévention, promotion de la santé), en tirer les enseignements, en favoriser la diffusion et proposer une méthode(cf ouvrage APFP/DIACT sur le projet local de santé partagé) .
- favoriser un meilleur accès aux soins dans les territoires déficitaires
- contribuer à la réflexion sur la mise en place des coopérations inter CHU dans les domaines de la recherche clinique, de la formation initiale et continue et de l’offre de soins très spécialisée.