Les campagnes françaises connaissent depuis plusieurs décennies une mutation profonde. Après avoir connu un exode rural important jusqu’au milieu des années soixante-dix, elles bénéficient désormais d’un nouvel attrait au sein des populations urbaines. Grâce à ces évolutions de la société, une France rurale à trois visages apparaît :
- les " campagnes proches des villes " (le périurbain) qui sont marquées par une occupation résidentielle importante. L’agriculture peut y tenir une place encore conséquente mais subit une forte pression foncière.
- les " nouvelles campagnes " qui développent à la fois des fonctions résidentielles, touristiques et " de nature " (lieux de ressources en eau, de maintien de la biodiversité…). Elles présentent le plus fort solde migratoire du territoire rural et bénéficient d’une dynamique de l’emploi très positive.
- les " campagnes fragiles " constituées de territoires vieillis et peu densément peuplés. Ces territoires sont caractérisés par un espace rural à dominante agricole ou bien à dominante ouvrière dont le tissu industriel connaît un déclin marqué. Ils cumulent les handicaps d’un niveau de revenus modestes et d’un déclin démographique.
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L’enjeu de l’action publique devenant multiple, le gouvernement français a adopté de nouvelles mesures en faveur du monde rural (lors du CIADT du 13 septembre 2003). Un grand nombre d’entre elles sont développées dans la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux. La politique française en faveur du monde rural repose sur un ensemble de dispositions à la fois globales et sectorielles, visant à répondre aux enjeux de la ruralité dans toute leur diversité.
Sur le plan économique, ces mesures concernent :
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la préservation de l’activité agricole qui joue un rôle essentiel tant sur le plan économique qu’en matière de gestion des paysages (politique active de soutien à l’installation des jeunes agriculteurs, à la pluriactivité, à des formes d’agriculture extensive…),
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des aides aux petites entreprises artisanales ou industrielles (mesures visant à faciliter l’installation dans des locaux adaptés, accès à la formation notamment par les " contrats d’installation et de formation " dans le commerce et l’artisanat, aides à la transmission des entreprises à l’occasion des départs en retraite…),
- des aides à l’immobilier des entreprises,
- l’extension de mesures fiscales à des secteurs porteurs tels que le tourisme ou le transfert d’innovations…
En complément à ces mesures économiques, une série de mesures ont été adoptées pour favoriser l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant en zones rurales :
- amélioration de l’accès à un logement de qualité, par des politiques partenariales incluant l’Etat et les collectivités locales (opérations de rénovation de l’habitat ancien, accroissement de l’habitat locatif),
- modernisation des services publics dans le but d’en améliorer l’accès et d’en accroître l’efficacité,
- réduction de la " fracture numérique " (faciliter l’accès aux TIC) par le développement de l’Internet à haut débit et la poursuite de la couverture du territoire national en téléphonie mobile.
Enfin une part importante des politiques nationales en direction de l’espace rural passe par la préservation des espaces naturels :
- politique des parcs nationaux et des parcs naturels régionaux,
- protection et mise en valeur des zones humides,
- protection et mise en valeur des espaces pastoraux en montagne et, d’une façon générale, préservation de l’agriculture de montagne,
- protection des espaces agricoles et naturels situés à proximité des villes, notamment par la modernisation des instruments de gestion foncière.